Tuesday, June 20, 2006

Oldies but goodies

Lorsqu’il est question de jouer à des jeux conçus pour des consoles «mortes», les joueurs se tournent généralement vers l’émulation sur ordinateur ou vers les consoles d’origines. Ils ne sont pourtant pas les seuls moyens. De la Super Nintendo, à la Xbox 360 en passant par la Playstation, le retrogaming sur console de salon est lui aussi bien présent. A quelques mois de l’arrivée de la Wii et de sa «virtual console», voici un article sur les antécédents du phénomène.

La politique adoptée par Nintendo pour sa Wii n’a rien de nouveau. La compagnie a toujours su recycler ses anciennes productions. Un des premiers exemples est Super Mario All-Stars sorti sur Super Nintendo au début des années 90. Comprenant Super Mario Bros., Super Mario Bros. 2 et Super Mario Bros. 3 (ainsi que quelques niveaux inédits), la cartouche permettait ainsi aux joueurs de posséder trois des plus grands classiques de la NES sans avoir à posséder cette dernière. Profitant du comeback des années 80 de ces dernières années, Nintendo a sorti en 2004 la gamme de jeux Classic NES Series. Conçus pour être joués sur Game Boy Advance, ces jeux (dont faisaient parti Donkey Kong, The Legend of Zelda, Ice Climber, entre autres) étaient en fait de parfaits portages de jeux de la NES accompagnés d’un packaging rappelant celui de l’époque. Le look de la collection était sympathique mais on ne peut s’empêcher de penser que tous ces jeux auraient pu être compilés dans une ou deux cartouches GBA…

Le recours à la compilation de précédents succès n’est toutefois pas propre à Nintendo. Namco et Atari sont passés maîtres en la matière. Le premier a sorti ses compilations Namco Museum sur sept consoles différentes (ainsi que sur PC) ! Atari n’est pas en reste avec des compilations présentes sur cinq consoles (y compris sur N.Gage) et sur PC.
Ces deux compagnies n’en sont toutefois pas restées là. En effet, en parallèle à leurs nombreuses compilations, elles ont mis sur le marché des petites manettes contenant plusieurs jeux à brancher directement sur le téléviseur. Plus connues sous le nom de TV Games (car pour la plupart commercialisées par Jakks Pacific, propriétaire du nom), ces manettes ne sont pas, il faut le préciser, l’apanage de Namco et Atari. En effet, Activision et EA Sports en ont chacun une leur étant consacrée. Jakks ajoutera bientôt à sa ligne des versions Capcom et Tecmo. Sega a, de son côté, sorti plusieurs manettes de ce genre contenant des jeux issus de la Megadrive (Genesis aux Etats-Unis).

L’inclusion de vieux jeux à l’intérieur de jeux plus récents a également été utilisée comme récompense pour les gamers (ou comme argument de vente supplémentaire, à vous de voir). Shenmue sur Dreamcast permettait par exemple de jouer, par l’intermédiaire de la salle d’arcade ou de la Saturn du personnage principal (dans ce second cas de figure, il fallait gagner les jeux à la loterie), à des conversions parfaites et intégrales de Hang On ou Space Harrier. Animal Crossing sur Game Cube contenait quant à lui une dizaine de jeux NES à débloquer (dont Tennis, Excite Bike, Balloon Fight...). Toujours sur Game Cube, Nintendo a distribué pendant un certain temps des disques contenant plusieurs jeux complets de la série des Zelda. Dans ces cas, l’émulation était utilisée afin de faire marcher les jeux. Mais avant de revêtir un aspect officiel, l’émulation sur console a connu des débuts beaucoup plus polémiques.

Emuler n’est pas jouer

Après un démarrage timide sur Playstation avec des émulateurs Megadrive et Game Boy, l’émulation sur console a pris une toute autre ampleur avec l’arrivée de la Dreamcast de Sega. Annoncée comme étant inviolable par Sega, la Dreamcast a pourtant rapidement succombé au talent des hackers (à cause d’un fonctionnement trop similaire à celui d’un PC). Les émulateurs pour un grand nombre de consoles se sont ainsi mis à fleurir sur la dernière console de Sega. Le plus surprenant était qu’il n’était même pas nécessaire de faire installer une puce dans sa console pour pouvoir en bénéficier. Toutefois, peu d’entre eux étaient réellement performants. Certains jeux tournaient au ralenti (ou ne tournaient pas du tout) alors que d’autres n’avaient pas de son.
Bleem, une des premières entreprises à avoir fait fonctionner correctement un émulateur Playstation sur PC a pour sa part passé la vitesse supérieure en commercialisant des émulateurs de jeux Playstation pour Dreamcast ! Initialement prévu pour faire fonctionner des nombreux jeux PSX avec un seul émulateur, Bleemcast est finalement sorti sous la forme de disques permettant de faire fonctionner un seul et unique jeu (tout en lissant les textures des jeux les rendant ainsi «plus beaux»). La compagnie a commercialisé trois émulateurs permettant de faire fonctionner Tekken 3, Metal Gear Solid et Gran Turismo 2 sur la console de Sega, avant de fermer ses portes définitivement (à la suite de procès coûteux contre Sony).
Beaucoup de projets d’émulateurs ont arrêté d’évoluer alors que la console vivait officiellement ses derniers mois. La communauté de développeurs pour Dreamcast existe encore mais est, et c’est bien regrettable, en perte de vitesse.
La Xbox de Microsoft a elle aussi été la cible des pirates. Son disque dur intégré et son système d’exploitation made in Microsoft en firent un terrain de jeu pour les retrogamers. Là aussi, le bon flirtait avec le médiocre. Et contrairement à la Dreamcast, il fallait modifier sa console pour pouvoir profiter des émulateurs. La situation a aujourd’hui bien changé. Microsoft, tout comme Sony et Nintendo utilisent l’émulation à leur avantage comme partie intégrante de leur politique commerciale.

«RIIIIIIIIIDGE RACER»

La citation en titre de ce paragraphe renvoie au discours de Kaz Hirai durant l’E3 de mai dernier alors que celui-ci montrait le Ridge Racer de la Playstation 1 tournant sur PSP. Alors que des développeurs amateurs avaient réussi à faire tourner des émulateurs sur la Playstation Portable, Sony a décidé de suivre la mouvance en permettant aux utilisateur de télécharger des jeux de la Playstation première du nom sur le Memory Stick afin d’y jouer sur PSP. Les informations à ce propos ne sont pour le moment pas nombreuses.
Microsoft a pour sa part dévoilé à l’E3 quelques gros titres bientôt téléchargeables à partir du Xbox Live Arcade. Mortal Kombat, Sonic, et Street Fighter ne sont que quelques uns des titres qui seront disponibles. Certains titres, dont Street Fighter II Hyper Fighting, mettront à profit le Xbox Live et permettront aux joueurs de se mesurer à des adversaires du monde entier.
Nintendo a pour sa part fait du retrogaming un des arguments de vente majeur de sa prochaine console, la Wii. Pour un prix probablement inférieur à dix Euros, les joueurs pourront télécharger des jeux des catalogues de la NES, de la Super Nintendo, de la Nintendo 64 ainsi que ceux, ce qui est beaucoup plus surprenant, de la Sega Megadrive et de la TurboGrafx 16. D’après les premiers essais effectués à l’E3, il semblerait que le système (au sens de l’émulation) fonctionne parfaitement. Il faut désormais patienter pour voir si le téléchargement de jeu s’effectuera simplement. Cela n’enlève rien au fait que la Wii disposera donc dès sa sortie d’un catalogue de jeux plus que conséquent. On peut donc déclarer sans prendre trop de risques que le passé est un élément majeur du futur des consoles de salon.

Comme vous avez pu le voir (ou plutôt le lire), le recyclage de vieilles gloires vidéoludiques n’a rien de récent. La possibilité d’engranger des bénéfices rapidement, associée aux faibles coûts de productions assurent de beaux jours à la pratique. De plus, l’exploitation des vieux jeux permet de faire patienter les joueurs durant les périodes creuses où les sorties de jeux nouveaux sont moins nombreuses. Et tant que les joueurs continuent d’acheter des jeux qu’ils connaissent pourtant par cœur, Sega, Nintendo et les autres auraient tort de s’en priver.

1 comment:

AnJaka said...
This comment has been removed by a blog administrator.